Un tiroir rempli d’anciennes radiographies finit toujours par poser la même question : qu’en faire ? Avant de chercher un lieu de dépôt, il faut distinguer deux familles. Les films argentiques, ces grandes feuilles translucides d’avant les années 2000, contiennent de l’argent et se recyclent. Les examens récents, remis sur CD, sur clé ou en impression papier, relèvent d’autres circuits.
Où jeter vos radiographies : les points de collecte acceptés
La règle de base est la même partout : une radiographie ne va pas dans la poubelle jaune ni dans les ordures ménagères. Elle se dépose dans un point de collecte dédié, le plus souvent en déchetterie ou dans un établissement de santé. Les consignes précises varient selon les territoires, un coup de fil à la mairie ou à la communauté de communes évite un trajet inutile.
Déchetteries et points de collecte municipaux
De nombreuses déchetteries disposent d’un bac réservé aux films radiographiques, parfois rangé avec les déchets dangereux ou les déchets diffus spécifiques. C’est l’option la plus courante pour un particulier, car elle est ouverte à tous, sans rendez-vous. Sur le site de l’ADEME comme sur ceux des collectivités, la rubrique « Que faire de mes déchets » indique la marche à suivre selon votre commune.
Si votre déchetterie ne prend pas les radiographies, demandez-lui si une autre installation du secteur les accepte. Certaines collectivités organisent aussi des collectes ponctuelles de déchets spéciaux, où les films sont repris avec les autres produits sensibles.
Établissements de santé (hôpitaux, cabinets de radiologie)
Les hôpitaux, cliniques et cabinets de radiologie produisent eux-mêmes ces films et disposent de filières de récupération. Beaucoup acceptent de reprendre ceux de leurs patients, voire d’autres films selon leur politique interne. Appelez avant de vous déplacer : l’accueil ou le secrétariat vous dira s’il existe un bac ou une procédure de dépôt.
Cette piste est intéressante si vous avez un cabinet de radiologie près de chez vous et que la déchetterie est loin. Elle convient aussi quand vous hésitez à jeter un film : le praticien peut vous dire s’il en conserve déjà une copie dans son dossier.
Pharmacies : peuvent-elles reprendre les radiographies ?
En règle générale, non. Les pharmacies collectent les médicaments périmés ou non utilisés et, dans certains cas, les déchets d’activités de soins, mais les radiographies ne font pas partie de leur périmètre. Quelques officines acceptent ponctuellement de dépanner un client ou participent à une opération locale, sans que ce soit une obligation. Mieux vaut donc ne pas compter dessus.
Argentique, sec ou numérique : le tri en trente secondes
Un film grand format, souple, noir et transparent, avec le nom du patient inscrit dans un coin, est très probablement argentique : direction déchetterie ou établissement de santé. Un CD ou un DVD va dans la filière des déchets électroniques ou se rapporte au radiologue. Un tirage papier récent se jette avec le papier si aucun traitement particulier n’est indiqué par votre commune. En cas de doute, traitez-le comme un film argentique.
Pourquoi ne pas jeter les radiographies à la poubelle
Un film argentique est composé d’un support plastique recouvert d’une émulsion contenant des sels d’argent. Enfouie avec les ordures ménagères, cette couche finit par libérer des composés métalliques dans les sols et les eaux. L’argent est un métal toxique pour les organismes aquatiques, et son relargage contribue à la pollution des milieux naturels. Le film relève donc d’une logique de déchets dangereux, même si le risque à l’échelle d’un seul particulier reste modeste.
Brûler ses radiographies dans le jardin ou la cheminée est encore pire. La combustion dégage des fumées irritantes et des particules métalliques, sans compter que le brûlage des déchets à l’air libre est interdit. Le plastique qui fond encrasse aussi les conduits et abîme les appareils de chauffage.
Il y a enfin un argument pratique : la poubelle condamne toute récupération. Les films qui partent en déchetterie ou à l’hôpital, eux, repartent vers une filière où leur matière a de la valeur. Jeter à la poubelle revient donc à perdre un gisement de métal exploitable.
Combien de temps garder ses radiographies avant de s’en débarrasser

Aucune loi n’oblige un patient à conserver ses propres clichés. L’obligation pèse sur les établissements : le dossier médical hospitalier est gardé 20 ans après le dernier passage, et les cabinets de radiologie conservent généralement leurs examens pendant une durée comparable. Si votre radio est ancienne et que l’établissement d’origine existe toujours, une copie se trouve probablement dans ses archives.
Malgré cela, la prudence consiste à garder vos films tant qu’un suivi est en cours : fracture mal consolidée, scoliose, arthrose, maladie chronique ou antécédent dentaire. Un médecin aime comparer une image récente avec une plus ancienne, et avoir l’original sous la main accélère ce travail. Une fois le suivi terminé, ou si vous avez récupéré une version numérique, le tri devient raisonnable.
Avant de vous séparer d’un cliché, demandez-vous s’il sert encore à un médecin. Dans le doute, un simple appel au radiologue qui l’a réalisé règle la question. Pensez aussi à numériser les films importants avec une photographie sur table lumineuse ou un scanner adapté, pour garder une trace exploitable.
Le recyclage des radiographies : que deviennent-elles ?
Une fois collectés, les films sont regroupés puis confiés à des entreprises spécialisées. Celles-ci traitent le support pour en extraire l’argent, qui retourne ensuite dans l’industrie, notamment en bijouterie, en électronique ou en photographie. Ce recyclage des métaux précieux explique pourquoi certains lieux de collecte tiennent à récupérer ces films plutôt que de les laisser finir en décharge.
Le plastique du support, un polyester, peut lui aussi être valorisé après séparation de l’émulsion. Le rendement dépend des filières locales, mais le principe reste le même : le film est démonté en ses composants, chacun ayant une seconde vie. Certaines associations et structures d’insertion participent à cette collecte, et vous pouvez les trouver en interrogeant votre mairie.
Autres questions courantes

Faut-il effacer son nom avant de déposer une radiographie ?
Le cliché porte votre identité, parfois avec la date et le nom du cabinet. Rien n’interdit de découper ou de masquer l’étiquette avant le dépôt, par simple précaution. Les filières de collecte sont tenues à la confidentialité, mais la vigilance ne coûte rien.
Que faire des CD et des impressions récentes ?
Les CD et DVD d’imagerie se déposent avec les déchets électroniques, ou se rendent au cabinet si vous voulez qu’il les détruise. Les impressions sur papier sont plus simples : elles se jettent avec le papier ou les ordures selon les consignes de tri locales, sauf mention particulière. Les examens stockés sur un espace en ligne se suppriment depuis votre compte patient, après avoir vérifié que vous n’en avez plus besoin.
Peut-on donner ou vendre ses vieilles radiographies ?
Un particulier peut les apporter à une structure qui récupère les films, mais la revente n’a pas de réel intérêt pour l’usager. Le plus simple reste de passer par la déchetterie ou l’établissement de santé le plus proche, qui s’occupent de la suite.






